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Mis à jour le 16 décembre 2020

Antoine nous partage son témoignage sur le burnout : la chute, son incompréhension, le sentiment d’injustice qu’il a ressenti alors qu’il ne souhaitait, finalement, que faire son travail du mieux possible. Mais il raconte aussi ce second souffle qu’il a retrouvé dans sa quête de sens, en apprenant petit à petit à se connaître, à s’apprivoiser. Jusqu’à, comme il le dit, “trouver sa place sur Terre”.

Temps de lecture estimé : 6 minutes

Vidé. Épuisé. Un chaos interne total, comme dépossédé de ce que je suis. Une colère bouillonnante, un cerveau qui tourne à fond, mais qui tourne à vide, et qui me siphonne toute mon énergie. Une solitude profonde car j’ai l’impression que personne ne comprend ou ne partage ce que je vis. Un sommeil de 3 heures maximum, des journées à essayer de calmer ce mental envahissant. Comment ai-je pu en arriver là ?

UN PARCOURS D’EXCELLENCE… EN APPARENCE

J’avais 28 ans à cette époque. J’occupais un emploi de cadre dans une grande entreprise française renommée pour le soin pris pour l’humain. Résultats excellents à l’école, travail acharné, classes prépa, école d’ingénieur de renom, premières expériences dans des entreprises réputées : un parcours parfait en apparence. Pourtant, de l’intérieur, je ne choisissais pas vraiment : j’écoutais mon entourage, et je prenais l’option qui m’attirait le plus.

LA CHUTE

Ma mission dans cette entreprise ? mener une analyse de l’organisation du travail de plusieurs dizaines ou centaines de personnes, concevoir une nouvelle organisation plus efficace, et accompagner le changement avant/après. Ce que je préférais ? l’analyse, la conception, comprendre pourquoi les hommes font ce qu’ils font. Mais un jour, l’engrenage s’est grippé : nouvelle mission, nouvelles responsabilités. Je ne peux pas refuser pourtant je sais que le projet est incohérent. Je demande conseil autour de moi, certains me préviennent : “ce projet va te détruire”. Je me sens déjà pris au piège et ne sais plus arrêter… Quitter l’entreprise ? Mais pour aller où ? Pour quoi faire ? Et au fond, comment savoir si je ne vais pas revivre exactement la même chose ailleurs ?

Petit à petit, je perds pied, je perds en lucidité, la charge de travail s’accumule, je ne dors plus, je deviens irritable pour un rien, agressif, je ne me reconnais plus. Le sommeil devient un lointain souvenir. De l’extérieur, j’ai l’impression que les autres ne remarquent rien. Tout se passe comme si je me faisais un film dans ma tête : mon cerveau tourne à fond, mais il tourne à vide. Je passe mon temps à me demander si je vis bien ce que je suis en train de vivre. Pourquoi les autres ne disent rien ? ne réagissent pas ? Je veux comprendre! Je lance des cris d’alerte, sur ma mission comme sur mon état de santé, personne ne réagit. Alors le problème vient de moi ?

Vous voulez mieux comprendre le burnout ?

Quelques mois plus tard, le sommeil étant proche de 0, j’arrive au travail, et mon cerveau s’éteint. Plus de réponses. Je suis devant mon ordinateur, je fixe l’écran dans le vide, incapable d’agir. Je reste figé pendant quelques heures. Puis, je vais voir le médecin : il m’incite au repos. Alors c’est bien moi le problème ?! si c’est moi qui dois m’arrêter ?

LA QUÊTE DE SENS, LA QUÊTE DE SOI

Les semaines passent, j’essaye de retrouver un rythme de vie simple : manger, dormir. Marcher dans la nature, tomber, me relever. Me tenir à l’écart du monde, partir seul et loin, dans un lieu de repos. Qu’est-ce qui m’a mené dans cette situation ? Je lance la quête. Je lis un livre tombé du ciel, A chacun sa mission, j’entreprends la démarche de connaissance de soi proposée par l’auteur. Très vite, je tourne en rond : je découvre des choses intéressantes mais je sens que je ne parviens pas à extraire l’essentiel de ce que je suis, et par ailleurs cela ne traite pas de la colère intérieure qui me ronge, de cette injustice de me retrouver épuisé alors que je faisais mon possible pour servir le bien commun.

J’appelle à l’aide, un ami, à qui je demande conseil. Il m’oriente vers une personne qui accompagne les personnes dans ma situation. Je prends mon courage à deux mains, le contacte et la discussion s’engage. Très vite, grâce au miroir qu’il me tend, grâce aux questions, à son expérience, je comprends que je ne pouvais pas tout comprendre seul. J’ai besoin de l’autre, il sait, il peut me transmettre la sagesse de ce qu’il a vécu. Je mets des mots sur ce que je viens de vivre, je prends conscience des dysfonctionnements du monde autour de moi : les personnalités toxiques, le management par la peur, l’individualisme et carriérisme dans la hiérarchie, la course à la performance, la surconsommation mondiale de produits standardisés, industrialisés, maîtrisés, l’avoir avant l’être, la peur de perdre, la peur de la mort… et cela entre en résonance avec mon propre fonctionnement : sensibilité et écoute, recherche de sens, questionnement permanent sur tout, y compris sur moi-même, soif d’intensité dans ce que je pense et réalise, volonté malsaine de vouloir tout maîtriser par peur de m’exprimer librement, d’être jugé ; croire que tout dépend de moi, …

Envie de témoigner vous aussi ?

Sur le contenu même de mon travail, il y avait un énorme décalage entre l’exigence de la mission et ce pour quoi je suis fait : la mission demandait d’appliquer des méthodes toutes faites, alors que je passe mon temps à penser à des solutions nouvelles, des méthodes nouvelles. J’ai donc besoin de temps (pour réfléchir, analyser, prendre du recul) et besoin de liberté (pour exprimer les idées qui viennent au fond de moi après avoir exploré des pistes possibles, d’autres domaines, d’autres solutions). Pourquoi l’entreprise m’a confié cette mission malgré ce décalage ? Pourquoi n’ai-je pas su la refuser ?

CE QUI SE JOUE PROFONDÉMENT

J’ai découvert que nous avons besoin d’une personne qui nous confirme dans qui l’on est, profondément, précisément, en nommant finement ce que nous sommes. Dans mon cas, j’ai reçu cette confirmation par cette personne qui m’a accompagnée. Explorer qui l’on est, son histoire, relire ses expériences professionnelles et personnelles, et comprendre ce qui s’est joué. Prendre conscience de mon fonctionnement, de mes besoins, de mes talents. Qu’est-ce que je fais facilement, avec plaisir, et qui réussit aux yeux des autres ? Enfin, savoir vers quoi je vais diriger ces talents : qu’est-ce que je veux voir changer dans le monde par mon travail ? Quels sont mes rêves ? Ai-je une mission sur Terre ?

QUELLE EST MA MISSION ?

Après avoir traversé cette grande épreuve du burn-out, j’ai réalisé que je voulais, à mon tour, accompagner les personnes qui ne se connaissent pas suffisamment pour se prémunir des dangers qui mènent à l’épuisement, qui ne savent pas très bien faire de choix d’études, de missions ou de carrière, et qui ont besoin d’une personne extérieure pour les aider à y voir clair. J’ai fondé un cabinet d’accompagnement, et depuis plus d’un an, j’accompagne des personnes qui cherchent leur voie. Maintenant je peux le dire : j’ai trouvé ma place sur Terre !

Si vous vous sentez rejoint par mon témoignage, ou que vous vous posez des questions pour sortir du burn-out, vous pouvez me contacter. Je serai ravi de faire votre connaissance et d’en discuter avec vous.

A propos du témoignage

Ancien ingénieur, Antoine a trouvé sa voie après son burnout : il accompagne aujourd’hui des personnes en perte de sens dans leur vie et leur travail. N’hésitez pas à le contacter pour discuter de son expérience ou de son offre d’accompagnement.

Photo by Joshua Earle on Unsplash

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Pierre Simonnin

Entrepreneur, j'ai moi aussi connu les "joies" du burnout, et j'ai choisi de partager cette expérience pour aider à faire connaître et reconnaître cette maladie encore trop méconnue.

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