Suite de la minisérie de David, “Burnout, le Crash des Héros“, qui raconte ces super-héros que nous, victimes du burnout, avons cru être avant d’être rattrapés par la réalité. Dans ce cinquième épisode, David raconte la remise en cause de nos valeurs et convictions que peut représenter le burnout, et la réappropriation, la redéfinition de notre identité qu’il faudra effectuer pas à pas.

Mets de l’huile, petit homme. Comment une chanson populaire (qui date un peu) a t’elle pu s’imposer en mantra ? Sans même m’en rendre compte ? Le burn out me met autant face au miroir que face au rétroviseur. Et quel véhicule me colle au cul, aux basques, au train ? Un semi-remorque de valeurs, avec sa carrosserie en éthique trempé et son pare-choc d’estime de soi. Mets de l’huile, petit homme. Mets de l’huile…

Je suis (j’étais ?), de ceux qui se veulent rouage, qui se complaisent en engrenage, en fluidifiant des open spaces et en dégrippant des tensions. De ceux qui n’hésitent pas et – allez, soyons honnête – qui kiffent lorsqu’ils se trouvent entre le marteau et l’enclume. Parce qu’ils sont solides et résistants, plus absorbants encore qu’un rouleau de Sopalin, parce qu’ils parlent plusieurs langues, dont celle du marteau et celle de l’enclume. Alors je suis là, avec ma détestation du conflit (qui, 10 séances et 700 euros plus tard, deviendra mon incapacité au conflit), mon sens inné de la souplesse et de la contorsion (qui, 10 séances et 700 euros plus tard, deviendra mon sens acquis de la souplesse et de la contorsion), avec ma volonté (10 séances, 700 euros –> mon fantasme) d’aimer tout le monde, que tout le monde s’aime, que tout le monde m’aime. Bref, que tout roule…

Le burn out s’annonce avec un changement de mantra. « Mets de l’huile », cède, faute d’énergie et de satisfaction, et laisse insidieusement la place : « Toute l’huile que tu mets, le monde s’en sert pour t’enc…». C’est mauvais signe. Ça veut dire que ça a du mal à passer. Ça commence à accrocher, ça frotte, ça fait des tensions tectoniques, ça craque. Séisme.

Passer de fluidifiant à fluidifié, c’est se rendre compte (trop tard) que le monde n’est pas celui de nos valeurs. C’est un retour négatif sur investissement quand on a placé toute son énergie pour faire du monde un monde qui nous ressemble, avec plein d’altruisme sacrificiel et d’huile d’olive première pression à froid dedans. A la fin du tremblement de terre, il faudra que je me positionne. Je ne veux être ni l’enclume, ni le marteau, ni le tampon entre les deux. Mince… Qu’est ce que je veux être ?

Pour l’instant, j’ai envie d’insulter quelqu’un. Comme ça, juste pour voir comment ça fait. Ça viendra, 20 séances et 1400 euros plus tard.

Fluidish, l'homme fluide-fluidifiant-fluidifié
Illustration par David

Merci à David pour son témoignage ! Retrouvez la suite dans la minisérie Burnout, le Crash des Héros.

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Pierre Simonnin

Entrepreneur, j'ai moi aussi connu les "joies" du burnout, et j'ai choisi de partager cette expérience pour aider à faire connaître et reconnaître cette maladie encore trop méconnue.

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