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Mis à jour le 20 novembre 2020

Suite de la minisérie de David, “Burnout, le Crash des Héros“, qui raconte ces super-héros que nous, victimes du burnout, avons cru être avant d’être rattrapés par la réalité. Dans ce troisième épisode, David s’attaque à tous ces petits riens du quotidien, autant de tâches insignifiantes auxquelles nous n’avons jamais prêté attention, mais qui sont aujourd’hui pour nous nos travaux d’Hercule…

Retour aux besoins fondamentaux. Se nourrir, dormir, hygiène et socialisation. C’est salvateur, c’est une leçon de vie. Je comprend mieux les ascètes, les ermites, les spiritueux de tous poils. La sagesse du minimal et le bonheur de l’essentiel. Oui, mais voilà, y’a plus de PQ…

Manger, boire et se torcher le cul… Simplement fondamental et simplement simple. La supérette est à 3 minutes en voiture, 20 minutes à pieds par ce beau soleil de pandémie qui me rappelle ma responsabilité dans l’effondrement des écosystèmes. 120 kilomètres et autant de SP95, chaque jour, pour « aller bosser ». Cela non plus n’a plus de sens.

La supérette, donc. Des rouleaux de PQ de toutes les couleurs et de toutes textures. Du plus moelleux au plus rêche, on ne discute ni les goûts ni les couleurs. Simple.

Oui mais non. L’effort est colossal, l’angoisse massive. Pareil pour la pharmacie, la boulangerie, le dîner chez les potes et le rendez-vous chez le médecin (mais là, y’a pas le choix, finalement, ça aide). Je me souviens des témoignages lus, de ces compagnons de voyage à qui le corps et le reste interdisent l’accès à la baignoire, au frigo, à la simple déglutition. Ceux qui ne se nourrissent plus, ne se lavent plus sans assistance, ne ressentent plus rien, vivent à peine, si ce n’est physiologiquement, par l’administration de leur besoin fondamentaux.

Je peux le faire. Ouvrir mon ordinateur, commander au Drive, conduire 3 minutes, rester dans l’habitacle, sourire à l’employé qui remplira mon coffre et regagner ma grotte d’ermite, mon voyage immobile vers une spiritualité forcée et un jour salvatrice. Avec du PQ.

Suivez le Journal du Burnout pour découvrir la suite :

… et retrouvez les autres épisodes ici !

Y'a plus de PQ... Rocky, l'homme face à une montagne
Illustration par David

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Pierre Simonnin

Entrepreneur, j'ai moi aussi connu les "joies" du burnout, et j'ai choisi de partager cette expérience pour aider à faire connaître et reconnaître cette maladie encore trop méconnue.

2 commentaires

Camille · 30 juillet 2020 à 15 h 36 min

Salut Pierre et David,

Encore un épisode passionnant (et drôle malgré le sujet) ! “Effort colossal”, c’est exactement ça. Ca parait simple pour les autres qui pourraient être tenté·es de nous secouer. Ca nous parait simple car nous le faisions auparavant simplement. Pas facile à vivre cette période, je me souviens avoir essayé de me “sortir les doigts du cul” car “quand on veut, on peut”, car il y a “tellement pire” et me culpabiliser tellement de ne pas y arriver, de prétendre face aux autres que je “me bougeais” alors que j’étais sortie de mon lit seulement pour “manger, boire, me torcher le cul” comme tu dis. Et les petites victoires du quotidien telle que la sortie au supermarché qui peut être un détail pour certain·es, à certains moments, et une montagne de franchie pour d’autres, à d’autres moments 😉

    david lro · 2 août 2020 à 13 h 12 min

    Merci Camille! C’est vrai qu’il est très dire de mettre en mots ce que l’on vit et ressent, tellement ça va à l’encontre du *normal* et donc, des possibilités de compréhension de l’entourage. Surement que l’acceptation et la certitude que “ça passera” sont aidant. Bonne route!

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