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Mis à jour le 20 novembre 2020

Suite de la minisérie de David, “Burnout, le Crash des Héros“, qui raconte ces super-héros que nous, victimes du burnout, avons cru être avant d’être rattrapés par la réalité. Dans ce quatrième épisode, David raconte avec une justesse touchante les hauts et les bas du burnout, ces pics que l’on connaît soudainement, et les désespérants creux qui les suivent… Ainsi que la désillusion, l’aigreur, le désespoir qui peuvent petit à petit nous gagner.

Mais il rappelle, avec autant de justesse, que tout cela fait finalement partie de notre guérison et que, même si l’on n’en a pas toujours conscience, nous remontons bien la pente !

La traduction graphique de mon burn out me vaudrait à coup sûr des poursuites de la part de Disneyland Paris (gratuit pour les moins de 12 ans) pour plagiat ou usurpation de brevet. Ça monte, ça descend, ça se stabilise quelques instants, ça chute en piqué et inonde le corps d’endorphines qui dressent les cheveux sur la tête, acidifient le sang et grignotent le cœur. Le burn out, c’est Space Mountain, la photo en moins.

Passons les trois premières semaines, aplati par la pesanteur, terrassé par le stress. Venons-en au premier rayon de soleil. Ça va mieux. Il y a comme une envie de bouger, une perspective d’aller plus loin que les limites cadastrales de la maison. Première sortie jusqu’au container du tri sélectif. Un Himalaya. Je me couche avec le doux réconfort du progrès. À refaire dès demain. Réveil à 8h30, levé à 13h. Trop de lumière, trop d’agitation, trop de vie, trop de tout, foutez-moi la paix et j’emmerde le tri sélectif. De toute façon, la planète va crever et nous avec.

Vous voulez mieux comprendre le burnout ?

Le temps passe (lentement). L’angoisse devient gérable, j’arrête les anxiolytiques et leur effet coup de massue. La médecine chinoise me plaît. Ce n’est pas un manque d’énergie, mais un trop plein, bloqué, accumulé dans les reins. Il faut libérer le Chi, l’autoriser à circuler. Je kiffe les aiguilles et les ventouses, je sens que ça fourmille. J’enfile les chaussures, je me saisis des bâtons. C’est parti pour deux kilomètres de marche nordique autour des limites cadastrales. C’est bon, je revis, je souffle, un grand pas. Peut-être un peu trop grand… et 3 jours pour s’en remettre. Batteries à plat.

Et puis…. Première sortie supermarket sans être accompagné, 3 jours de marche de suite, premier plouf dans le lac ! Ça remonte ! Il est pas beau mon graphique ? Bam… Sinusite, fatigue intense, migraine et respiration difficile. Angoisse et passage aux urgences. J’ai l’impression d’être monté dans la Dolorean et le retour dans le temps est cruel, comme un mauvais cocktail : 1/3 frustration, 1/3 déception, 1/3 ça finira jamais.

À la télévision, des cons de jeunes sautent en l’air sur fond de mauvais rap. Comme ça, juste pour le plaisir, juste parce qu’ils le peuvent. Empêtré dans mon graphique et sa sinusoïde infernale, je les jalouse. D’où le qualificatif. Si, moi aussi, je pouvais sauter en l’air comme les cons de jeunes, je prendrais un peu de hauteur et constaterais que la courbe, aussi accidentée soit-elle, suit une pente ascendante. C’est l’essence même de la lutte : prendre de la hauteur tout en étant – périodiquement – cloué au lit.

Suivez le Journal du Burnout pour découvrir la suite :

… et retrouvez les autres épisodes ici !

Sinus, l'homme sinusoïde
Illustration par David

Merci à David pour son témoignage !

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Pierre Simonnin

Entrepreneur, j'ai moi aussi connu les "joies" du burnout, et j'ai choisi de partager cette expérience pour aider à faire connaître et reconnaître cette maladie encore trop méconnue.

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