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Mis à jour le 8 septembre 2021

Ce texte se démarque des autres témoignages publiés jusqu’ici, dans le sens où il s’agit d’un partage d’expérience « à chaud » sur le burn-out. Mais cette différence de perspective apporte un autre éclairage sur l’arrivée du burn-out ! C’est ainsi l’occasion de revenir sur le déroulement précis des événements qui ont conduit à cette issue que nous sommes beaucoup à avoir connue. L’occasion aussi de se rappeler qu’il n’y a pas d’âge, de métier ou de genre pour faire un burn-out. Mais, si le parcours de chacun est différent, ce ne sont pas les points communs qui manquent : la passion, la volonté de bien faire…

Merci pour ce témoignage, et bon courage à tous !

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Le boulot, une passion

J’ai 20 ans, bientôt 21. Ayant commencé mes études via un BAC Pro dans la plomberie et le chauffage (installation), j’ai ensuite poursuivi par un BTS dans le même domaine. J’ai tout de suite adoré mon domaine, dans lequel je suis arrivé par hasard ! J’ai toujours travaillé étant jeune, déclaré ou non. Pendant mon BTS, j’enchaînais les cours, un contrat étudiant en grande distribution et un autre boulot le temps qu’il me restait.

Généralement, je partais à 7h et rentrais à 22h. J’adorais ça !

Premières hésitations

Après mon BTS, j’ai démissionné de mon contrat étudiant pour rentrer dans une boîte afin de faire une licence professionnelle. Mais je me suis vite rendu compte que le poste proposé ne correspondait pas à mes souhaits d’orientation et j’ai décidé de partir (à l’aimable). Suite à ça, j’ai été pris en apprentissage en mention complémentaire dans une très grosse société de chauffage (maintenance). Mais ayant un niveau d’études plus élevé, je me suis très très vite ennuyé…

J’ai donc voulu partir, mais mes responsables étant très content de moi, m’ont proposé un CDI, que j’ai signé.

Vous voulez mieux comprendre le burnout ?

Premières responsabilités

J’ai donc eu en charge la maintenance énergétique d’une très grande université et d’un pôle hospitalier assez important. Étant très impliqué et très consciencieux, j’ai très vite enchaîné les heures supplémentaires afin de pouvoir faire face à ma charge de travail.

J’étais très stressé, mais je pensais que la fin de la période d’essai allait me soulager…

Bien au contraire.

Premières difficultés

J’enchaînais toujours autant les heures, je ne mangeais plus le midi, je devais autant gérer les dépannages que les maintenances, les devis, les suivis de consommations… Et je n’ai reçu que très peu d’aide de mes collègues…

5 mois après, j’étais épuisé, j’ai frôlé un malaise en chaufferie… Je suis retourné au travail le lendemain, rebelote : je tremblais, perdais l’équilibre… je suis donc allé chez le médecin, et là j’ai craqué. Je n’en pouvais plus. 10 jours d’arrêts.

Le stress, la pression et la charge de travail m’avaient épuisés. J’ai pris 4 jours à réussir à éteindre mon téléphone du boulot, c’était très compliqué. J’ai perdu 10 kg en quelques mois.

Des espoirs…

En reprenant le travail, j’ai essayé de changer mon mode de fonctionnement : je prenais désormais des pauses et j’essayais de respecter mes horaires.

Le lendemain de mon retour, j’ai craqué émotionnellement devant mon chef de site. J’ai donc été convoqué par ma direction, premièrement pour me proposer un autre poste (rien à voir avec l’arrêt), et pour savoir ce qui n’allait pas concernant ma charge de travail.

Ils m’ont proposé de prendre le nouveau poste qui allait se libérer à « mi-temps » le temps de prendre mes marques. J’ai donc demandé d’être soulagé de certains site, je ne pouvais pas gérer encore un autre poste en plus des miens. Ils m’ont dit que c’était OK.

… aux déceptions

Cependant, surprise, je n’ai eu aucun soulagement sur ma charge de travail ! Et l’astreinte s’est rajoutée…

Mes tremblements étaient de plus en plus fréquents, et travailler et vivre devenait parfois compliqué. Je ne dormais plus depuis des semaines…

1 mois après, j’ai eu une semaine de vacances. Les meilleures de ma vie ! Je pensais qu’à mon retour les conditions de travail auraient changé en mieux. Mais pas du tout, elles étaient encore pire…

J’ai dû faire face à de nombreux retards de commandes dus à ma hiérarchie, et dû calmer mes clients. Ma charge de travail augmentait, mes sites prenaient du retard, et malgré mes relances très régulières, mes commandes n’étaient pas passées…

La rupture

Je me suis énervé dans les bureaux (gentiment). Suite à ça, un de mes chefs est venu me voir. Je lui ai alors expliqué que je n’en pouvais plus du tout. Il ne m’a apporté aucune solution et m’a demandé de prendre ma situation comme « un coup de bourre  » plutôt que du stress.

Le vendredi d’après, je suis allé chez mes parents et j’ai craqué. J’étais épuisé, physiquement, mais surtout mentalement.

J’ai pris rendez-vous chez mon médecin le lundi : 1 mois d’arrêt. Il a voulu me donner des médicaments, je n’ai pas voulu. Mais c’est en partie là, et aussi grâce à mes proches, que j’ai compris que j’avais un problème.

La première semaine d’arrêt à été la pire de ma vie, j’ai réalisé à quel point j’allais mal, où j’en étais arrivé. Ainsi que la perte de mes 10 kg, qui m’avait aussi épuisé physiquement.

Envie de témoigner vous aussi ?

Un avenir incertain

Aujourd’hui, cela fait 3 semaines, je prends beaucoup de temps pour moi, je dors mieux, et je cherche un autre travail. Cependant, j’ai très peur de devoir supporter autant de stress, et trouver le bon poste est compliqué psychologiquement…

Je ne prends toujours pas de médicaments et c’est très dur, mais je fais tout ce que je peux pour aller mieux.

Photo by Jordan Whitfield on Unsplash

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Pierre Simonnin

Entrepreneur, j'ai moi aussi connu les "joies" du burnout, et j'ai choisi de partager cette expérience pour aider à faire connaître et reconnaître cette maladie encore trop méconnue.

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