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Mis à jour le 15 décembre 2020

On se fait parfois une image de la “personne type” en burnout. Mais on ne le répètera jamais assez : il n’y a pas d’âge, pas de sexe, pas de métier pour faire un burnout. Audrey, elle, a fait un burnout à 20 ans. Dans ce témoignage touchant, elle raconte sans fard ce qui l’a menée au burnout, la difficile acceptation, et enfin la remontée, la redécouverte de soi, la renaissance. Parce qu’un burnout, c’est une épreuve, mais c’est également une opportunité. A 20, 30, 40, 50 ou 60 ans, il n’est jamais trop tard pour commencer sa deuxième vie !

Temps de lecture estimé : 3 minutes

Vous voulez mieux comprendre le burnout ?

C’est sacrément long un burn out… Il y a premièrement le physique qui doit récupérer de l’énergie, ce qui prend environ 3 mois. Puis ensuite le mental, qui doit retrouver une aptitude à ressentir et à penser “normalement”. A travers cette étape de ma vie, je vois toute la souffrance que j’ai pu accumuler depuis 7 ans, toute la souffrance que j’ai refusé de voir et d’accepter, que j’avais intériorisée.

J’apprends aujourd’hui à reconnaître et relâcher ce mal qui n’a plus sa place au sein du vaisseau qu’est mon corps. J’apprends à l’accepter et, grâce à lui, à distinguer quand, où et comment mes propres limites se dessinent.

Je me rends aussi compte que cela fait des années que je traîne une inlassable culpabilité. La culpabilité d’être tombée en depression, et d’avoir peinée toute ma famille, il y a 7 ans de ça. Depuis ce jour, j’ai tout fait pour prouver que j’allais mieux, que j’étais forte et indépendante. Tout fait pour attirer l’attention de ma mère, de ma famille, pour qu’ils voient qui j’étais et que je gérais, contrôlais tous les aspects de ma vie de jeune adulte. Jusqu’à l’épuisement. Dévorée par la passion, la tristesse d’un amour à distance et la solitude d’un rythme sportif intense et effréné, j’ai mis à mal les émotions, mes ressentis, mon bien-être, ma connexion à mon propre corps, à ma féminité grandissante, à mon âme.

Voilà pour moi ce que représente le burn out : la maladie de l’âme. Les enveloppes charnelles ne suffisent plus, car les corps émotionnels sont détruits, déréglés, ne peuvent plus fonctionner. Le système fonctionne à l’envers, les énergies sont à contre sens, toutes les forces amies deviennent ennemies. Alors au bout d’un moment, plus personne ne s’entend. Et là, c’est l’explosion. Le Burn Out. Physique et mental ne répondent plus à l’appel de la vie.

Envie de témoigner vous aussi ?

C’est triste et c’est difficile… Premièrement d’accepter de s’arrêter. Deuxièmement de comprendre que l’on n’est pas un super héros. Et dernièrement de s’isoler totalement car on ne supporte plus rien ni personne.

Mais le chemin est beau. Je me suis reconnectée à mon âme, à ma vitalité, ma joie d’être. Juste ça ; être. Ici et maintenant en train de respirer, avec un coeur qui refonctionne normalement, des poumons qui filtrent l’air, des dents pour manger, des lèvres pour sourire et embrasser, des yeux pour regarder, admirer et comprendre la beauté de la Nature et tous ses secrets qu’elle a à nous délivrer.

Je réapprends à me connaître, à savoir qui je suis, de quoi je suis faite, à me pardonner d’avoir tant fait souffrir mon corps pendant toutes ces années. Et surtout, à désenclencher ce mode “survie”, ce mode où on se force à vivre pour une force extérieure. J’apprends à me poser des limites, à contrôler mon feu, à digérer et libérer une tonne d’émotions diverses et variées, à me reposer, à m’aimer. J’apprends à être heureuse. Heureuse et libre, pour moi et personne d’autre. Et ça, ça vaut tout l’or du monde non ?

Audrey Lopez

N.B. : les durées évoquées dans cet article reflètent l’expérience personnelles d’Audrey, mais il n’y a pas de “vérité absolue” concernant la durée du burnout. Si vous voulez en savoir plus, j’en parle dans cette vidéo.

Photo by Juan Gomez on Unsplash

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Pierre Simonnin

Entrepreneur, j'ai moi aussi connu les "joies" du burnout, et j'ai choisi de partager cette expérience pour aider à faire connaître et reconnaître cette maladie encore trop méconnue.

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