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Mis à jour le 8 janvier 2021

J’ai quitté ma startup il y a 6 mois pour cause de burnout. Et je n’ai pas honte de le dire.

Au contraire, je suis fier de le dire haut et fort. Parce qu’on se rend compte, en passant par là, que le burnout est une maladie très mal connue, sur laquelle on a plus d’idées reçues que de véritables connaissances. Bien sûr, le mot “burnout” est partout, mais c’est justement ça le piège : l’entendre en permanence nous donne l’impression de connaître le sujet. Et il suffit d’échanger avec n’importe quelle victime du burnout pour comprendre à quel point c’est une illusion.

Et cette incompréhension du burnout (et donc du burnouté) peut entraîner de la souffrance pour le malade, pour ses proches, et gêne grandement l’identification et de la maladie. La majorité des victimes de burnout passe en effet par une phase plus ou moins longue de déni, qui retarde la prise de conscience qu’il faut faire quelque chose – parfois jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Je suis convaincu qu’une connaissance même élémentaire de la maladie pourrait éviter beaucoup de drames, de souffrance et de burnouts. Je me lance donc dans une série de vidéos pour parler de cette maladie, et la faire mieux comprendre et accepter ! Le but est d’aider les malades à accepter et remonter la pente, les proches à les comprendre et les aider, et chacun à avoir une meilleure connaissance du burnout, pour pouvoir le reconnaître et le prévenir, chez soi et chez les autres.

Je vous propose de découvrir sans plus attendre la première vidéo, dans laquelle je fais un tour d’horizon du sujet, et je me penche sur les conséquences de certaines incompréhensions.

Merci pour votre attention, merci pour votre soutien !

Ce que vous ne savez pas sur le burnout – Le Journal du Burnout #1

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Transcription de la vidéo

Salut ! Je m’appelle Pierre, je suis entrepreneur et j’ai fait un burnout. Alors je sais qu’on ne le dit pas habituellement. Mais ne pas en parler pose beaucoup plus de problèmes que ce qu’on pourrait imaginer… Pour les malades, bien sûr. Mais aussi pour leurs proches, pour les potentiels malades, pour les employeurs et pour la société de manière générale.

Le burnout, c’est quoi ?

“Burnout”, c’est un mot qu’on entend beaucoup. On dit que c’est un problème de société, qu’il faut faire quelque chose… Mais la plupart du temps on n’en sait pas grand chose. On sait que c’est associé à la fatigue et au stress, mais ça n’aide pas vraiment à comprendre ce que c’est, ça n’aide pas à se projeter. Ce qui fait qu’on se fait, collectivement, une image fausse du burnout.

On entend dire que “Le burnout, c’est le moment, où, épuisé, on craque sous la pression”

Sauf que rien n’est vrai dans cette phrase !

La réalité du burnout

Le burnout n’est pas un moment, c’est un long processus qui se construit pendant des années, et qui dure bien longtemps après le moment où l’on craque !

Et puis, le burnout n’est pas créé par la fatigue : la fatigue est un symptôme du burnout. D’ailleurs on parle de fatigue, mais c’est plutôt trompeur comme terme : c’est plutôt un état d’épuisement total, où l’on est vidé de toute énergie. La moindre tâche, la moindre pensée, le moindre geste deviennent des épreuves absolument insurmontables ! On en arrive à un stade où on est totalement incapable de réfléchir à ce qu’on va manger le soir… On est totalement vidé.

Enfin, il ne faut pas croire que le burn-out est un signe qu’une personne est faible, pas assez forte pour tenir la charge de travail. Les études montrent au contraire que les personnes qui font des burnout sont les bosseurs, les perfectionnistes, ceux qui sont les plus à fond. Et donc, évidemment, ces personnes-là savent très bien gérer leur charge de travail et la pression.

Parce qu’il faut comprendre qu’un burnout ne veut pas juste dire qu’on a trop bossé. C’est un processus complexe, qui est toujours le résultat d’une multitude de facteurs, qui vont venir grignoter une personne pendant des années. Et souvent on va ignorer tous les signes jusqu’à ce qu’il soit trop tard…

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Des idées reçues au déni du burnout

Il y a un décalage entre ce qu’on imagine du burnout et la réalité vécue par les malades, la réalité révélée par les études sur le sujet. Ce qui peut avoir des conséquences dramatiques pour les malades et pour leurs proches.

Les personnes en burnout sont souvent en déni, parce qu’elles ont une vision erronée du burnout : elles ne connaissent pas ses causes, ni les signes qui permettent de le repérer. Elles ne se reconnaissent pas dans l’image qu’elles se font d’une personne en burnout. Donc elles s’entêtent, parfois jusqu’à ce qu’il soit trop tard, qu’elles n’aient plus qu’à se ramasser à la petite cuillère puis à entrer dans une phase de longue convalescence.

Et une fois qu’on l’accepte, on culpabilise énormément, on perd toute confiance en nous parce qu’on est dans une période où nos capacités diminuent drastiquement, parce qu’on pense que le burnout c’est pour les faibles, parce qu’on pense que c’est notre faute.

L’incompréhension du burnout par les proches

Et pendant ce temps là les proches ont du mal à comprendre ce qui se
passe. Certains souffrent de ne pas comprendre, de voir l’autre souffrir, de
subir les sautes d’humeur, des prises de distance, d’avoir l’impression d’être mis sur la touche. Et d’autres le prennent avec légèreté, avec condescendance, voire avec hostilité. Donc certaines réactions, réflexion, peuvent être inappropriées. Des mots qui se veulent réconfortants peuvent créer l’effet inverse, des conseils peuvent être à côté de la plaque… Et tout ça évidemment n’arrange pas la situation du malade, ça peut ronger encore un peu sa confiance en lui, et ça lui donne l’impression de toujours devoir se justifier d’être en burnout.

Pour vous donner une idée, certaines personnes en burnout disent qu’elles auraient préféré avoir un cancer. Au moins, tout le monde sait ce que c’est, personne ne le remet en cause. Alors évidemment, le but en disant ça n’est pas de minimiser ce que vivent les personnes qui ont un cancer, qui n’a absolument rien à voir. Mais c’est un signe de la détresse dans laquelle on peut être quand on souffre, quand on se bat avec une maladie, mais
que beaucoup de gens autour de nous on l’air de ne pas trop y croire.

Et tout ça ça irait mieux avec un peu de sensibilisation, d’information, de
compréhension. Evidemment je ne m’imagine pas en sauveur. Je sais qu’il y a énormément de personnes, d’associations, d’organismes qui portent ce message au quotidien. Mais aujourd’hui le message n’est pas encore assez audible. Et souvent on l’entend trop tard. On apprend ce qu’est le burnout une fois qu’on a craqué, pas au moment où il est encore temps de redresser la barre.

Vous trouvez que ce que je fais est utile ?

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Informer et sensibiliser sur le burnout : ma démarche

Donc, en tant que malade étant passé par là, j’ai aussi envie de participer à cet effort collectif en expliquant, sensibilisant, donnant des clés pour
comprendre. Que ce soit pour les malades, pour les proches, pour mes proches… Et de manière générale pour informer tout le monde, parce que c’est vrai que c’est une maladie qui est souvent mal connue et reconnue.

Je vais faire ça à ma manière, à travers plusieurs vidéos. L’idée est d’aider tout le monde à mieux connaître et reconnaître le burnout. Aider les malades à comprendre ce qui leur arrive, à faire face aux moment difficiles, à remonter la pente. Et aider leurs proches à mieux comprendre ce qui se passe et à les aider.

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Et est évidemment je ne m’appuierai pas juste sur mon expérience pour parler de tout ça, je m’appuierai sur la recherche qui a été faite depuis 40 ans sur le sujet, je m’appuierai sur les témoignages de toutes les personnes qui sont passées par là, et mon expérience permettra d’illustrer certains points.

Si vous pensez que c’est un message qui mérite d’être porté, aimez la vidéo, partagez la vidéo, abonnez-vous à la chaîne, ça fait vraiment une énorme différence en termes de visibilité, et ça aide donc ceux qui en ont besoin à trouver plus facilement la vidéo.

Conclusion

Vous en êtes arrivés là, donc merci pour votre écoute ! Et ce sera mon premier conseil pour les proches de victimes du burnout : sachez écouter. Il est extrêmement important pour le malade de pouvoir verbaliser ce qu’il ressent. C’est aussi important d’être écouté, parce que ça lui démontre qu’il est compris, qu’il est soutenu. C’est enfin important pour vous, pour comprendre ce qui se passe : parce qu’ il vaut mieux croire ce que vous dit le malade sur ce qu’il vit, ce qu’il ressent, plutôt que de croire vos propres préjugés sur le sujet – je vous rappelle que le burnout est une maladie qui est assez mal connue, même par vous.

Merci à vous, merci à mes proches qui me soutiennent beaucoup dans ce processus de remontée de la pente, et à très vite pour la prochaine vidéo !

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Pierre Simonnin

Entrepreneur, j'ai moi aussi connu les "joies" du burnout, et j'ai choisi de partager cette expérience pour aider à faire connaître et reconnaître cette maladie encore trop méconnue.

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